
Je passe beaucoup de temps avec Mallo, je viens à parfaitement comprendre sa personnalité, ses craintes, ses envies…
Mallo est un chien âgé de 6 ans 1/2 et nous cohabitons ensemble depuis 6 ans, j’ai appris à Mallo plusieurs ordres et associés plusieurs actions à mes mots comme:
- Tu veux manger ?
- Tu veux de l’eau ?
- Dans l’eau !
- Boit !
- ça va ?
Grâce à ces différentes associations, nous pouvons communiquer et je peux subvenir à ses besoins rapidement.
*Il est intéressant de prendre le temps de bien observer son animal, car même si celui-ci ne possède pas la parole, il nous envoie tout un tas de signaux qui rendent les échanges très clairs et sans fioritures.
Dans une vie sédentaire🏡:
Avant le voyage à vélo en Europe, Mallo était nourrit au cru (viande/poisson) avec des compléments alimentaires naturels. C’est un chien qui a déjà fait plusieurs intolérances à des marques de croquettes et son petit côté « duchesse » le rend sélectif, même sur ses débuts à la viande.
J’ai toujours veillé (même un peu trop) à ce que mon chien soit bien nourri et qu’il ne manque de rien. Je fais d’ailleurs plus attention à la composition des repas de mon chien qu’à la mienne et ce n’est pas une fierté.
Partir en voyage à vélo si longtemps et dans de multiples pays m’avait inquiétés sur ce point « alimentaire » et peu avant le départ, j’ai pris la décision de repasser Ninou à l’industriel (croquettes/pâtés) pour le réadapter à ce type d’alimentation et me laisser le temps de prendre le recul nécessaire pour aborder ce sujet. J’étais consciente que la gestion de la nourriture ne serait pas simple et que sur un voyage au long cours, il faudrait s’adapter en donnant ce que j’aurais à ma disposition.
Ma réflexion 💡:
Je n’ai pas souhaité rester sur une seul catégorie de croquettes, car de mon point de vue cela engendrait une charge physique et mentale de me faire livrer une seule et unique marque tout au long de mon périple.
- Physique pour le poids des grands sacs de croquettes à supporter.
- Mental pour la gestion du stock de sécurité et des lieux de livraisons.
Je suis partie dans l’optique de demander au maximum des déchets de viande au boucher afin que Mallo soient alimentés avec de la bonne qualité d’alimentation et gratuitement. J’avais prévu de toujours transporter au moins 2kg de croquettes dans les sacoches pour avoir un stock de sécurité.
L’alimentation fraîche 🍖 :

En France 🇫🇷
En France, Mallo et Rossell ont pu profiter de la gentillesse des dons de déchets de viande des différents bouchers.
Je me présentais devant les bouchers en leur expliquant ma situation et l’ensemble de mes rencontres nous ont fait don de déchets. Les artisans me donnaient ce qu’ils avaient sous la main et de mon côté, il fallait souvent que j’y mette la main à la « pattes » pour sélectionner les morceaux et limiter le gras à ingérer. Par principe, il met souvent arrivée d’acheter un petit quelque chose avant de demander les déchets afin de participer à ce profit.
C’était vraiment super de fonctionner ainsi, car cela nous permettait :
- De discuter avec de nouvelles personnes et de faire des rencontres,
- De nourrir les animaux avec des aliments frais presque quotidiennement,
- De ne pas transporter de poids « mort », puisque je leur donnais la ration de viande dès la pause suivante , (déjeuné, goûté, bivouac)
- De faire des économies,
- De permettre une meilleure hydratation ainsi qu’une meilleure récupération.
Mallo a rapidement compris le principe et attendait sagement sa ration, c’était vraiment sympa et rassurant de le voir s’alimenter sainement après ses journées sportives. Une bonne alimentation lui permet d’être en pleine forme, de ne pas perdre en masse musculaire et aide à une bonne récupération.
Nous avons aussi eu la chance de rencontrer un boucher qui n’avait pas de déchets, mais qui c’est servi dans son étale pour préparer des steaks hachés pour mes compagnons ! Un plaisir de rencontrer cet homme bienveillant et généreux.
Il m’a parfois fallu « limiter » la générosité de certains boucher, car il met arrivée d’avoir trop de nourriture fraîche en ma possession. Je n’avais pas de moyen de conserver la viande au frais et celle-ci pouvait commencer à faisander (ce qui n’est pas un problème pour le chien) mais… l’odeur pouvait laisser à désirer.
La difficulté à se ravitailler a commencé au Nord-Est de la France, où les artisans ne comprenaient pas ma demande, et cela a continué dans les autres pays où je sentais le malaise et le bug de mes interlocuteurs.
Après la France🇫🇷
C’est à ce moment, que j’ai dû intégrer l’achat régulier de nourriture pour mes animaux.
Dans les autres pays, j’ai continué de donner de la viande à Mallo, mais c’était plus exceptionnel et cela dépendait des offres. Je me rendais systématiquement dans les rayons anti-gaspi pour voir si je pouvais offrir de la nourriture fraîche à mes animaux. Dans les pays Scandinaves, j’ai pratiquement oublié l’idée d’acheter du frais, car les prix étaient vraiment trop élevés pour moi.
En Norvège, c’était très simple de complémenter Mallo avec de la nourriture fraîche, car Alex pêchait tous les jours. Pédalant pendant 1 mois 1/2 dans les fjords, nous avons profité de l’abondance de maquereaux pour notre consommation ainsi que le complément des animaux. Le maquereau à fait partie de l’alimentation de Mallo sur sa période au cru, mais ce poisson était donné suite à une congélation minimum de 21j. Les poissons crus contiennent des bactéries et parasites dangereux, comme la salmonelle et la listeria, qui peuvent rendre le chien très malade. Pendant le voyage, j’ai donc pris la précaution de faire de les cuire avant de les donner aux animaux.
Dans les pays de l’Europe de l’Est (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République-Tchèque, Hongrie, Slovénie) la viande avait un coût bien moins élevé qu’ailleurs et cela rentrait dans mon « budget mental » car le €/kg était clairement abordables. Cependant, il m’a fallu faire plus attention au moment de donner la nourriture afin de respecter les personnes autour de moi qui ne pouvaient parfois pas se payer cette nourriture pour leur propre consommation.

L’alimentation de Mallo en voyage à vélo🥫:
En voyage à vélo, je pense qu’il est préférable d’utiliser des aliments secs pour les chiens, car ils sont plus légers et plus faciles à stocker que les aliments humides. Car peu importe l’état et les variations de la météo, l’alimentation conservera la majorité de ses apports contrairement à l’humide ou la nourriture fraîche qui peut « tourner ».
Il est important de s’assurer d’avoir suffisamment de nourriture pour le chien.
Je n’ai pas quantifié les rations de croquettes que Mallo ingérait quotidiennement, car Mallo se nourrissait à volonté. Il sait se réguler, et il ne se gave pas de nourriture s’il ne ressent pas le besoin de l’ingérer. Cependant, je pense qu’il faut prévoir 50% de plus de la ration de base du chien, car ses dépenses physiques sont plus importantes et son sommeil moins réparateur. Concernant Ninou, il courait en moyenne 20km par jour, et cela, pendant 9 mois, ce qui n’est pas comparable a son activité sportive en sédentarité.
Facile de l’alimenter partout ? 🔎

Je ne peux pas dire qu’il était facile de le nourrir dans chacune des régions et pays que nous avons traversés.
Mallo étant un chien sportif courant en +- 20km/j et pesant +28kg, le sac diminuait très rapidement. Il était donc important de penser aux ravitaillements croquettes de Mallo très régulièrement, puisque nous ne prenions pas de sac de plus de 3kg. Je profitais donc de nos courses « persos » fréquentes (tous les trois jours au plus) pour passer dans le rayon animalerie.
Dans les pays nommés ci-dessous, il a été très simple d’acheter régulièrement des paquets de croquettes de 1 à 3kg.
- France
- Belgique
- Luxembourg
- Pays-Bas
- Allemagne
- Danemark
- Norvège
- Suède
- Finlande
- Pologne
- République-Tchèque
- Autriche
- Hongrie
- Slovénie
- Italie
Nous pédalions souvent dans les campagnes des pays traversées et l’alimentation du chien n’était pas la priorité à mettre en rayon. Dans les endroits pauvres et reculés des pays Baltes, les épiceries croisées sur le bord de notre route ne disposaient pas de nombreux produits. Nous pouvions constater que chaque habitation produisait son potager et possédait un ou deux animaux de ferme. Les personnes les plus aisées possédaient une ou deux vaches attachées à un piquet dans le champ.
Par exemple, en Lettonie, nous avons pédalé plusieurs jours en cherchant un nouveau sac de croquettes et lorsque nous avons trouvé une épicerie qui en vendait, il n’y avait qu’un seul sac de 10kg et je ne me voyais pas donner cette qualité visiblement médiocre à mon chien. J’ai à ce moment dû acheter une barquette de 1kg de cuisses de poulets.
Je n’ai pas souvenir d’avoir vue beaucoup d’animaux de compagnie en Estonie, Lettonie et Lituanie. Je n’ai pas pu discuter avec des habitants, car nous avons rencontré les difficultés de la barrière de langue. Je ne sais donc pas de quelle manière les propriétaires d’animaux de compagnie alimentaient leur canidé.
L’hydratation 💧
Il est également important de penser à l’eau pour notre ami canin, car il dépend de nous et dépense beaucoup en eau, d’autant plus avec une alimentation sèche. L’eau aide notre compagnon à réguler sa température, protège l’ensemble de ses organes, contribue à une bonne digestion, permet la lubrification des tissus et l’acheminement du sel dans tout le corps.
Je proposais très régulièrement à Mallo d’aller se baigner et s’abreuver dans les différents points d’eau que nous croisions. Lorsque j’étais à court d’eau, je privilégiais l’hydratation de mon chien à la mienne, car il était pour moi hors de question que mon chien subisse un manque par « ma faute ». À chaque remplissage de gourdes d’eau, je proposais une gamelle pleine à Mallo afin que l’ensemble de l’équipe s’abreuve et que l’on reparte avec des gourdes pleines.
Il est utile d’emporter une gamelle pliable, car nous ne croisons pas systématiquement de point d’eau naturel, donc ce récipient souple et léger est pratique pour faire boire le chien n’importe où et n’importe quand.

Comment s’assurer que le chien ne souffre pas de déshydratation ? ⚠️
La méthode la plus simple pour s’assurer que le chien ne souffre pas de déshydratation, est de vérifier la souplesse et l’élasticité de son épiderme. Pour cela, il faudrait effectuer le test du « pli de peau » : tirer doucement sur la peau à l’arrière du cou de notre compagnon. Si la peau ne revient pas immédiatement à sa position normale (après 2 à 3 secondes), cela signifie que le chien est déshydraté et nécessite une attention immédiate.
En bref:
Il est important de surveiller l’état de santé de nos compagnons pendant notre voyage. Si nous remarquons des signes de fatigue ou de maladie, il est important de prendre des mesures immédiates pour aider nos animaux. Rappelez-vous que votre chien est un membre de votre famille, qu’il n’est pas là de son gré, qu’il dépend de son gardien et que nous devons prendre soin de lui tout au long de votre voyage.
En résumé, l’alimentation d’un chien en voyage à vélo est un sujet important à considérer. Il est primordiale de veiller à sa bonne santé avant le départ en consultant le vétérinaire et ostéopathe qui accompagne notre canin. De lui fournir une alimentation adaptée à ses besoins, d’emporter suffisamment d’aliments/eau et de surveiller régulièrement l’état de santé de notre compagnon.
Il ne reste plus qu’à espérer qu’en prenant en compte l’ensemble de ces points, le voyage en compagnie de notre fidèle ami se déroule à merveille !

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