
Et bien pour être sincère, je n’ai rien compris.
Alors j’ai entendu dire qu’il fallait autant de temps de retour de voyage, que de voyage, pour le digérer et je valide ça totalement. J’ai pédalé durant 9 mois et j’écris cet article après 7 mois de pause cyclovoyage.
L’électrochoc ⚡️
J’ai ressenti la sensation de totalement perdre les pédales. Je me suis même sincèrement demandé si j’étais réellement partie 9 mois à vivre sur mon vélo, d’amour et d’eau fraîche, ou si tout cela n’était qu’un rêve. Au réveil de mon retour, j’ai eu peur… C’était déstabilisant et angoissant de commencer cette journée différemment de ce que j’avais longtemps fait. J’ai eu peur que tout cela ne soit qu’un rêve, vous imaginez le scénario ? J’avais mal au cœur, une douleur similaire à une rupture, et je ne comprenais pas ce qui se passait.
Durant mon voyage, je me sentais vraiment connectée. Je me comprenais et je ressentais les choses comme je devais les ressentir, en étant totalement à la bonne place dans les bons « canaux énergétiques ».
À mon retour, je me suis rapidement demandé pourquoi nous étions rentrés. Quelle est cette force qui m’a aimantée et ramenée ?
J’en avais marre ? Besoin d’une pause et de vacances ? Envie de retrouver des visages connus ?
J’ai d’abord eu une sorte de désillusion et un peu de colère, surtout lorsque l’on me disait « eh ouais ! bienvenue dans la vie réelle » mais… ma vie réelle à moi, j’y étais !
C’est un peu égocentrique de ma part, mais je pensais vraiment que mon entourage se presserait de me revoir. Je pensais que tous voudraient entendre mes longs récits de voyage et j’ai été en colère de me sentir si… banalisé (ouais bah Lucie, nous ne sommes pas en vacances hein ! Ce n’est pas de notre faute si tu te sens isolé. En attendant, tu es partie à l’autre bout du monde !) Pardon ?! J’ai parfois eu l’impression que l’on voulait me culpabiliser d’être partie et que si mes relations étaient endommagées, c’était de ma faute car « tu as décidé de partir ».
**Punaise, je rentre d’un voyage de 9 mois à vélo. J’ai fait des rencontres magnifiques avec des inconnus, mais aussi avec moi-même, et je n’ai qu’une envie : le partager ! Mais il n’y a personne. Enfin, physiquement, personne n’est là pour m’accueillir. Je constate que mon « entourage virtuel » et mes rencontres furtives se sentent bien plus concernés par ma santé mentale que les personnes que j’avais hâte de retrouver.
Je manque certainement encore d’expérience, d’humilité et de maturité. Je me suis sûrement prise pour une princesse, la sensation et l’espoir d’avoir été attendue. Ce n’était pas du tout le cas, alors ma plus grosse envie a été de remonter sur mon vélo et de profiter à nouveau de chaque seconde de mon existence.
J’ai longtemps eu la sensation d’être un petit oiseau enfermé dans une cage (dont la porte était ouverte). D’ailleurs, parenthèse : j’ai ouvert les yeux sur la tristesse de la captivité des petits animaux de compagnie ou de tout autre être vivant enfermé ou « enchaîné », et j’ai trouvé cela extrêmement douloureux au fond de mes tripes.
J’ai souvent été à me morfondre et à pleurer à la moindre musique qui me faisait voyager. J’ai souvent pleuré en regardant mes photos et vidéos (et cela arrive encore). J’ai d’ailleurs fui mes réseaux sociaux pendant plusieurs semaines car je n’avais pas la force de voir nos comptes ainsi que ceux de nos cyclopotes.
J’avais la sensation d’être satellisé, de faire des choses nulles, de dire des choses nulles et de ne rien faire de mes journées. Je manquais clairement d’objectivité et de bienveillance envers moi-même.
Parfois, je doutais de ma position sur des choses futiles, puis tout à coup je me disais… MAIS PUTAIN, LUCIE !!! RÉVEILLE-TOI, BORDEL !! Ces animaux sont extraordinaires (grâce à toi). Ce voyage était fabuleux (en partie grâce à toi). Tu as touché du doigt une vie que tu ne soupçonnais pas, mais qui est le style de vie que tu convoitais inconsciemment depuis toutes ces années (26 🎂) !
Lucie ! Tu es une voyageuse, une « vraie », et tu n’as rien à prouver dans un style de vie qui n’est pas celui qui te correspond. (Attention, ça je me le suis rappelé tous les mois depuis mon retour et cela ne m’empêchait pas de le « découvrir » au mois suivant🤦🏻♀️)
Bien sûr que j’ai besoin de rester polyvalente et de m’adapter durant certains temps donnés à une vie qui m’inconforte, mais c’est maintenant avec l’objectif de repartir et de reprendre des doses d’oxygène.
Maintenant je le sais, j’aime voyager, j’aime me sentir vivante, j’aime partager avec mes trois acolytes, j’aime partager avec des inconnus et puis je ne suis pas bizarre… ou alors peut-être pour les gens « normaux » et c’est OK.
Je suis comme j’ai envie d’être, je suis qui j’ai envie d’être et ceux qui m’aiment me suivent 🤘🏻
Après 7 mois de recul, j’accepte maintenant que tout le monde ne puisse pas comprendre et accepter mon style de vie (et cela même venant de mon entourage proche) que ces personnes puissent être blessées, jalouses ou abandonnées suite à mon départ.
La tolérance est de mise que je sois en voyage ou non, et c’est ok si mon entourage ne me pose aucunes questions concernant mon périple, parce que, par où commencer lorsque l’on revoit une personne qui entreprend des choses que l’on ne comprend pas ?
Ça va ? C’était bien ? Pas trop fatigué ? Les gens étaient méchants ? Quel est ton pays préféré ? Et le pire ? 😮💨
C’est vrai que le plus simple est de prendre connaissance des informations les plus négatives, pour ensuite développer dessus, et aller sur des choses que l’on pense connaître.
C’est vrai qu’ils ne peuvent pas imaginer des trucs du genre : ça fait quoi de prendre la flotte pendant 3 semaines non-stop ? C’est quoi l’odeur d’un ours ? Quelles émotions t’ont marqué lorsque tu pédalais dans les fjords ? Et picoler avec les Slaves ? Et ta première gorgée de vin rouge, ta première bouchée de baguette, ton premier morceau de camembert, c’était comment ?
Il est difficile de mettre des mots sur des souvenirs vécus. Ce n’étaient pas des vacances, mais plutôt un mode de vie auquel nous avons totalement adhéré et qui nous colle à la peau !
Les compagnons 🐶🐱:

Concernant les animaux, ils étaient dans le même état. Mes deux petites éponges se sont collées à ce que je dégageais et cela n’a pas toujours été simple pour eux non plus. Ils sont rentrés fatigués et le manque de rythme, accompagné des multiples déménagements, a engendré du stress. J’ai essayé d’être présente au mieux pour eux, et ils ont de nouveau démontré à quel point ils sont géniaux !
La liberté, « trop » libre 🦅
Ce qui est génial lorsque nous sommes libres durant le voyage, c’est que nous n’avons aucune attache hormis nous quatre et notre attachement commun.
Ce qui est génial en rentrant, c’est que nous sommes encore tous les quatre armés et protégés de notre amour commun. Être libre de nos mouvements, de nos choix et n’avoir aucune influence, c’est génial et perturbant à la fois. La sensation d’être dans une descente à 10 % sans freins… le risque de se tromper et de devoir recommencer. Choisir ou poser les pions sans se tromper, mais c’était intéressant de se souvenir que durant notre voyage nous étions très adaptables ! Et donc, nous le sommes toujours ! Alors calmons le stress qui ne vient pas de nous, et prenons des décisions de la même manière que durant notre aventure à vélo.
Ce retour est le premier pour moi, n’ayant jamais voyagé auparavant. Il a été très difficile et je ne m’attendais pas à cela, malgré les avertissements d’Alex.
Je trouve tout de même que c’est une expérience qui a le mérite d’être vécue et qu’il est aussi intéressant de partager cette partie du voyage, qui me marque presque autant que le chemin parcouru à vélo.
Il m’arrive encore très souvent de plonger dans la nostalgie de ce merveilleux voyage et de me retrouver totalement immergée dans mes souvenirs. C’est très intense, très prenant, sincère et perturbant. J’espère pouvoir continuer de revivre ces moments encore longtemps et en ajouter de nouveaux à mon répertoire d’aventures merveilleuses.
Il m’arrive très souvent de plonger dans l’imagination de nouveaux merveilleux moments de voyage, de me retrouver totalement submergée par une bouffée de motivation qui me donne envie de monter sur mon vélo, de remplir nos gourdes d’eau et de partir maintenant ❤️🔥
Pour nous permettre de repartir 🪙
Je vais mettre en place de nombreuses choses afin d’économiser de l’argent pour nous permettre de repartir prochainement pour une nouvelle aventure à vélo 🚲 Je vais m’investir à 100% dans ce moment de sédentarité et j’oserai ouvrir une cagnotte, vendre des petites créations qui permettront aux personnes qui souhaitent participer de le faire ➵ Cagnotte Leetchi Syklopattes
Remerciements 🙏🏼
Je remercie tendrement et sincèrement Alexandre, qui m’a aidé à me libérer et m’a fait découvrir ce style de vie totalement inconnu et inaccessible.
Je remercie mes fabuleux animaux pour tous ce qu’ils sont.
Je remercie cette team Syklopattes que j’aime de tout mon cœur et qui a été aimante et soudée du début à la « fin » de ce voyage.
Je remercie les membres de mon entourage qui ont suivi ce périple et qui ont pu me communiquer la fierté et le plaisir qu’ils ont eu à me suivre à travers mes réseaux.
Je vous remercie, lecteurs, pour votre soutien et votre bienveillance.
Je vous souhaite à tous de vivre pleinement vos aventures, d’accompagner au mieux les retours des voyageurs et rappelez-vous que vous n’êtes pas seuls. 🦋

PS: Les photos ne sont pas spécialement jolies dans la forme, mais dans le fond, elles le sont. 💕


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